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Alpine : une marque de légende, une aventure humaine

Par Philippe Lacoste

Un peu d’histoire

Alpine est née grâce à un seul homme : Jean Rédélé. A ses 30 ans, ce pilote diabolique rêve de donner à la France une voiture capable de briller en compétition.
Jean Rédélé, diplômé de HEC, est le plus jeune concessionnaire Renault de France, à Dieppe, la ville où il a vu le jour en 1922. Il est intarissable sur les Renault qu’il vend, tout particulièrement la 4CV, sa maniabilité extraordinaire et son moteur facilement « gonflable » en font une superbe voiture à piloter, déclarant même qu'elle a un potentiel sportif.
En 1950, Il s’engage dans son premier rallye Dieppe-Rouen avec une 4CV améliorée.
Cette première course se solde par une victoire, l'encourageant à continuer, d'autant plus qu'il obtint le statut de pilote d'usine Renault. La même année, il s'inscrit au rallye de Monte-Carlo, sans rencontrer le succès. En 1951 il y dispute une belle épreuve finale.
Il impose sa 4CV modèle 1063 plusieurs fois dans sa catégorie, aux Mile Miles en 1952, 1953, 1954 au Liège-Rome-Liège et lors de la coupe des Alpes en 1954.
La 4CV modèle 1063 avec son moteur poussé à 40CV (20CV à l’origine) et une vitesse de pointe de 145Km/h ne suffisent plus pour prétendre aux premières places des différentes compétitions.

La naissance d’Alpine 

Nous sommes en 1954, les affaires de Jean Rédélé marchent bien, il imagine un petit coupé agile et performant sur la base d’une 4CV. Le dessin sera confié à un Italien Michelotti.
La fabrication de l’auto est lancé en Italie chez Allemano, entreprise de design en carrosserie automobile, fondée par le Serafino designer Allemano en 1928, à Turin, en activité jusqu'en 1965.
Allemano est une référence de l’époque avec des séries de carrosseries réalisées pour Abarth, Maserati, Alfa Romeo en autre…
Ce petit coupé élégant sera baptisé "Rédélé Spécial" le succès est au rdv sur les différents rallyes disputés en Europe.
Jean Rédélé pense à produire une petite série de ce coupé sportif. Connaissant les frères Chappe et Chessalin , pionniers de la carrosserie en fibre de verre, collaborant avec de nombreux artisans et constructeurs de l’époque, il leur confie le projet.

Ce nouveau matériaux, la fibre de verre, permet de baisser les coûts pour une petite production, l’outillage étant moins important que pour la tôle.
En 1955, Il crée la société anonyme des automobiles Alpine en référence à ses succès sur les routes alpines.
Le petit coupé est présenté au salon de Paris, en 1955, sous le nom de " Alpine Mille Miles" en souvenir à ses victoires dans les rallyes précédent et au Mille Miles.
La Régie Renault voit, avec une certaine méfiance, naître une marque sportive, empruntant tous les éléments mécaniques à la 4CV.

La première « Berlinette »

Fabriqué en petite série à partir de 1955, ce « petit coupé » sur base de 4CV avec une carrosserie polyester (réalisée par les frères Chappe, carrossiers installés à l'époque à St Maur) baptisé A106 est proposé à 825 000 anciens francs.
En option, elle peut recevoir le moteur "Type 1063" de 45 ch., boite de vitesse spéciale à 5 rapports, et suspensions spéciales surbaissées. Cela permet d'atteindre les 155 Km/h, une vitesse inimaginable à l'époque pour un 750 cm³.

La Berlinette est lancée

1956 : Renault sort la Dauphine, équipé d’un moteur de 65CV/1000 cm3, Jean Rédélé adoptera ce dernier pour optimiser la puissance des petites Alpines avec une V/max de 180 Km/h.
1958 : Sortie d’un cabriolet toujours dessiné par Michelotti.
1959 : Un coupé 2 places apparaît. Il utilise la carrosserie du cabriolet.
1960 : Le cabriolet et le coupé sont « remodelés » avec une face avant plus profilée.
1960 : Alpine sort également un coupé 2+2, il sera remplacé à peine 2 ans plus tard par le coupé GT4 « Type A108 » . Il offre 4 vraies places, est équipé des moteurs (850 ou 904) de la Dauphine Gordini, puis en Type A110 avec les moteurs 5 paliers 950 ou 1.1 des R8 ou Floride S.
Abandonnant la base 4CV, Jean Rédelé a enfin trouvé la voiture de ses rêves. Elle est pure, racée, basse, légère, et belle.
Cette voiture, grâce à son implantation mécanique, est très rapide dès que la route est sinueuse, mais elle exige, que les pilotes aient une conduite en finesse. Beaucoup y laisseront des plumes. Cette A108 servira de base à la très célèbre A110 Tour de France , qui fera la renommée d'Alpine et qui sortira 2 ans plus tard.

La Mythique A110

En 1962, l'Alpine A110 est introduite au Salon de Paris comme une évolution de l'A108. Si l'A108 était conçue à partir de la Renault Dauphine, l'A110 utilise des pièces de Renault 8.
En 1965, Alpine s'associe à Renault, et dès 1966 les voitures sont distribuées par le réseau de la régie. Cependant les exigences accrues des clients et les contraintes sécuritaires pèsent de plus en plus sur l'entreprise qui reste artisanale.
Alpine va pouvoir se battre avec les « grands » équipé du moteur 1300, 103CV de la R8 Gordini.
Dés 1966, elle s'impose grâce à de jeunes pilotes ayant pour noms Thérier, Nicolas, Darniche, Andruet, Piot et Larrousse. La Berlinette 1300, devient la voiture sportive française qui va faire rêver toute une génération.
En 1971, gagnant la majorité des épreuves en Europe, elle est la voiture de rallye la plus performante, début d'un historique unique dans le sport automobile face aux Porsche 911, Ford Escort Twin cam et Lancia Fulvia HF.
Le « moteur Cléon-Fonte » conçu par l'ingénieur René Vuaillat de la R8 Gordini, sera remplacé à partir des modèles 1969 du « moteur Cléon-Alu » de la Renault 16 TS permettant à l'A110 1600S d'atteindre une vitesse de 205 km/h.

alpine production

Le rachat par Renault

Alpine est absorbé par Renault en 1973, le championnat international est remplacé par un nouveau championnat du monde des rallyes pour constructeurs. Renault décide d'y participer avec l'A110 et avec une équipe comprenant les pilotes Jean-Luc Thérier (trois succès), Jean-Claude Andruet (1), Bernard Darniche (1) et Jean-Pierre Nicolas (1). L'A110 1800 Groupe 4 gagne six des treize courses inscrites au programme mondial, faisant d'Alpine le premier champion du monde des rallyes. Ses quatre pilotes vainqueurs d'épreuves sont alors surnommés par les Anglo-saxons « Les mousquetaires d'Alpine-Renault ».

La fin d’un mythe

En 1974, face à la Lancia Stratos, première voiture conçue dès le début spécifiquement pour le rallye, avec moteur V6 Ferrari de 260 ch, il est évident que l'A110, qui a atteint la fin de son développement, est désormais dépassée.
Quand Porsche avaient un 2L, Alpines avaient un 1300 et quand cette dernière hérita du 1600 de la R16 en 1970, Porsche eu un 2.5 L.
C’est en juillet 1977 que la dernière Berlinette 1600 SX sort de l’usine de Dieppe.

Jean Rédelé quitte Alpine

Jean Rédelé, qui ne se sent alors plus seul maître à bord, quitte l'entreprise en 1978, obtenant la promesse de Renault de conserver les emplois sur le site de l'entreprise de Dieppe pendant quinze ans.
Il meurt le 10 août 2007 à son domicile parisien à l'âge de 85 ans et est enterré au cimetière de Montmartre.

L’extinction de la marque ALPINE

En 1991, Renault commercialise la dernière Alpine, l 'A 610, destinée à concurrencer certaines Porsche ou Ferrari, grâce à son V6 Turbocompressé de 250 Ch.
Mais en France, ce marché n'est pas très porteur et à l'étranger, le nom d'Alpine ne correspondait plus vraiment à cette image que la marque avait du temps où elle était présente en compétition (Alpine s'était retirée à la fin des années 70 avec l 'A310 V6 couverte de lauriers) : Jean Rédelé l'avait bien compris : Il est difficile de vendre une sportive dont le nom n'est plus associé à un palmarès. Mais la course coûte très cher, et encore une fois, Renault n'avait alors pas les moyens. De plus, à cause de la mécanique qui avait un temps de retard sur l 'A310, la marque s'était faite un peu oublier.
En 1995, Renault annonce la fin d'Alpine, 40 ans après ses débuts.

ALPINE A 110 « le retour d’un mythe » (enfin)

Face à une attente très forte, et grâce à l'action du directeur général de Renault fraîchement nommé, Carlos Tavares, la renaissance de la marque Alpine est annoncée en 2012. Le premier modèle, l'Alpine A 110 ne sortira finalement qu'à la fin de l'année 2017. Après de nombreux déboires et projets avortés pendant près de 20 ans, le rêve redevient réalité.